Ce bulletin couvre la situation pastorale dans 11 pays d’Afrique de l’Ouest : Mali, Niger, Burkina Faso, Sénégal, Mauritanie, Togo, Bénin, Nigeria, Côte d’Ivoire, Ghana et Guinée avec l’appui des services techniques décentralisés du Mali, du Niger et du Burkina. Il repose sur des données issues du système de veille pastorale mis en œuvre par le RBM, ACF et leurs partenaires, et met en lumière les principales dynamiques observées entre mai et juin 2025 : accès aux ressources naturelles, état du cheptel, mobilité pastorale et risques liés à la période.
Points clés de la période
Reprise partielle des ressources naturelles
Les premières pluies ont favorisé la repousse des pâturages et la recharge de certains points d’eau. Le taux de pénurie en SPAI a fortement diminué (de 52 % à 11 %), mais cette amélioration reste fragile.
Cheptel en état passable, mais sous pression
76 % des animaux sont en état « passable », tandis que 8 % sont encore en situation « médiocre » ou « critique ». Les éleveurs restent exposés à des risques élevés en cas de nouveau choc.
Concentrations élevées et tensions accrues
Le retour massif des transhumants dans le Sahel central provoque une saturation des zones d’attache (Dori, Tillabéri…), avec des tensions autour de l’eau, du pâturage et des axes de mobilité.
Risques sanitaires persistants
Les foyers de maladies animales restent actifs dans plusieurs zones, en lien avec la saturation des points d’eau et le manque de soins vétérinaires.
Inflation généralisée
Les prix du SPAI, des denrées de base (riz, sucre) et de la main-d’œuvre continuent d’augmenter. Les éleveurs conservent un pouvoir d’achat relativement stable au Niger, mais moins favorable ailleurs.
Contexte particulier en Guinée
L’interdiction de la transhumance décrétée en mai a provoqué un refoulement de troupeaux maliens à la frontière.
Recommandations prioritaires
- Renforcer l’accès à l’eau et à l’alimentation animale.
- Déployer des soins vétérinaires dans les zones critiques.
- Sécuriser les corridors de transhumance.
- Soutenir les éleveurs dans les zones de forte vulnérabilité.