Cette note politique expose les résultats principaux d’une étude analysant l’économie des ménages pastoraux mauritaniens, les chocs rencontrés et les stratégies d’adaptation mises en œuvre par ces ménages. Elle montre que les ménages pastoraux mauritaniens contribuent à hauteur de 9,4 pour cent du produit intérieur brut (PIB) national et plus de la moitié du PIB du secteur agricole (50,5 pour cent). Les principaux chocs et difficultés rencontrés par les ménages sont d’ordre économique et climatique, à hauteur de 90 et 89 pour cent respectivement, et 34 pour cent des ménages qualifient les pâturages auxquels ils ont accès de globalement dégradés.
Ces résultats sont basés sur le recueil de données auprès de 964 ménages pastoraux et agropastoraux en 2022 en collaboration avec l’Organisation pour le développement des zones arides et semi-arides de Mauritanie et le Réseau Billital Maroobé. Cette démarche s’inscrit dans le cadre d’une étude régionale menée dans trois autres pays du Sahel (Burkina Faso, Mali et Niger). Les données montrent également de fortes disparités de genre. Ainsi, les femmes enquêtées ne possèdent que 18,5 pour cent du cheptel malgré leur forte implication dans les activités pastorales. Les chocs d’ordre sécuritaire, tels que les vols de bétail ou les conflits, bien que moins présents que dans les pays enquêtés voisins, touchent 21 pour cent des ménages enquêtés, ce qui constitue une réalité non négligeable.
Les recommandations émergeant de cette analyse sont l’accroissement des investissements dans le secteur de l’élevage, et notamment dans les services vétérinaires décentralisés, l’identification, la sécurisation et l’aménagement des espaces pastoraux, la traduction, la vulgarisation et la dissémination des textes réglementaires relatifs au pastoralisme, ainsi qu’une meilleure implication des éleveurs pastoraux dans les instances de décision.