Le RBM publie son nouveau bulletin régional sur la situation pastorale et agropastorale en Afrique de l’Ouest et au Sahel.
Cette édition met en évidence une phase de transition post-soudure, marquée par l’installation progressive des premières pluies, une régénération partielle des pâturages et le retour progressif des transhumants transfrontaliers vers les zones sahéliennes. Cette amélioration reste toutefois fragile, freinée par une pression persistante sur les ressources naturelles et une polarisation économique croissante entre le Sahel central et les pays côtiers.
Points clés :
- Ressources : régénération progressive des pâturages et recharge des points d’eau grâce aux premières pluies, mais concentration persistante des troupeaux autour des points d’eau permanents et semi-permanents dans le Liptako, à Tillabéri, Dosso, Gao, Sikasso, Bougouni et dans le nord de la Côte d’Ivoire.
- Mobilité : retour progressif des transhumants transfrontaliers vers leurs terres d’attache, avec une forte densité animale maintenue le long des corridors SKBo, Maradi-Katsina, Zinder-Jigawa et du couloir Mali-Mauritanie-Sénégal.
- Climat social : persistance des tensions agro-pastorales et recrudescence des vols de bétail, notamment à Djibo, Gao, Tillabéri et Cinkassé, ainsi que des feux de brousse ayant détruit plusieurs milliers d’hectares de pâturages au Niger, au Mali et au Burkina Faso.
- Santé animale : état corporel du cheptel globalement passable mais encore fragile, avec des foyers de PPR, clavelée, pasteurellose et fièvre aphteuse persistant à Tillabéri, Maradi, Sikasso et Bounkani.
- Économie : termes de l’échange bouc/mil favorables au Mali, au Niger, au Burkina Faso et au Togo, mais défavorables au Bénin, en Côte d’Ivoire et au Ghana, où la hausse continue des céréales réduit le pouvoir d’achat pastoral.
Ce bulletin confirme une résilience pastorale différenciée : relativement favorable mais fragile dans les zones sahéliennes, plus contrainte dans les espaces côtiers soumis à une forte pression. Il souligne la nécessité de renforcer le suivi des ressources hydriques et pastorales, la veille sur les marchés, ainsi que la consolidation des mécanismes locaux de médiation pour limiter les risques de conflits, de ventes contraintes et de dégradation des moyens d’existence pastoraux.