Togo : le projet « Eau pour la Paix » lancé à Dapaong

Dapaong a accueilli, ce 10 août 2026, l’atelier national de lancement du projet « Eau pour la Paix — Water For Peace », porté par le Réseau Billital Maroobé (RBM) à travers la PAEP-RBM Togo, en partenariat avec le Fonds International de Développement Agricole (FIDA). La cérémonie a réuni les autorités de la région des Savanes, des représentants de l’État, ainsi que des organisations pastorales, agropastorales, des femmes et des jeunes, aux côtés de la Chambre régionale d’agriculture.

La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence du Secrétaire Général de la région des Savanes, représentant le Gouverneur, du Conseiller spécial du Ministre en charge de la Transhumance, du Directeur Régional de l’Élevage, de Madame le Maire de Dapaong, ainsi que du Président de la PAEP-RBM Togo.

Dans son mot de bienvenue, Madame le Maire de Dapaong a salué le choix porté sur sa commune pour donner le coup d’envoi du projet au Togo, y voyant « une marque de confiance envers notre commune et envers notre région ». Elle a rappelé que les Savanes sont « une terre de rencontre entre agriculteurs et éleveurs, entre autochtones et transhumants », une cohabitation reposant sur un équilibre parfois fragile autour de l’accès à l’eau et aux espaces de pâturage. Un projet qui fait de l’eau « un instrument de paix et de dialogue entre nos communautés », a-t-elle affirmé, avant d’assurer la pleine disponibilité de la mairie pour accompagner sa mise en œuvre sur le territoire communal.

Prenant la parole au nom du RBM, le Président de la PAEP-RBM Togo est revenu sur le partenariat de longue date entre le RBM et le FIDA, bâti à travers le Forum Paysan, la réponse coordonnée à la COVID-19, puis le Programme SD3C. Il a indiqué que « Eau pour la Paix » s’inscrit dans la continuité de ce partenariat et répond au Plan stratégique 2025-2030 du RBM, centré sur l’inclusion, l’innovation et la gouvernance partagée. S’appuyant sur l’étude de base conduite par le RBM dans les zones du projet, il a souligné que les communautés pastorales et agropastorales « expriment très exactement les attentes qui fondent notre mandat » : promotion de la mobilité, prévention des conflits et restauration de la confiance entre acteurs, amélioration des infrastructures et des services pastoraux et agropastoraux, et renforcement de la résilience économique des ménages. Autant d’attentes auxquelles le projet entend répondre à travers la négociation d’accords sociaux autour de l’eau, la réalisation d’infrastructures hydrauliques et le balisage de couloirs de transhumance, complétés par des services numériques innovants.

Le discours d’ouverture, prononcé par le Secrétaire Général de la région des Savanes au nom du Gouverneur, a situé le projet dans le contexte plus large des effets du changement climatique sur le monde rural, agricole et pastoral, où la raréfaction des ressources naturelles — eau, terres fertiles, pâturages, forages, parcs de vaccination, banques d’aliment bétail, abattoirs — alimente des conflits entre communautés. Il a rappelé l’engagement du Gouvernement togolais, sous l’impulsion du Président du Conseil SEM Faure Essosimna Gnassingbé, à soutenir le monde rural à travers la nouvelle feuille de route gouvernementale 2026-2031, dont plusieurs axes concernent directement l’élevage : le plan stratégique de développement de l’élevage, les Zones d’aménagement agricoles planifiées (ZAAP) et les Agropoles incluant un volet animal — des chantiers que le projet « Eau pour la Paix » vient compléter. L’administration régionale a réaffirmé son plein engagement aux côtés du RBM, du FIDA et des partenaires techniques et financiers, avant que ne soit déclaré ouvert l’atelier national de lancement du projet.

Porté conjointement par le RBM et le FIDA, « Eau pour la Paix — Water For Peace » est un projet régional couvrant le Sahel central (Burkina Faso, Mali, Niger) et le nord des pays côtiers, dont le Togo. Il repose sur l’hypothèse que la négociation d’accords sociaux autour de l’eau constitue un levier essentiel pour prévenir les tensions et sécuriser la mobilité pastorale. Au Togo, il intervient dans la région des Savanes à travers deux composantes : la construction d’accords sociaux et d’infrastructures hydrauliques et la fourniture de services innovants aux éleveurs, dont un système numérique de suivi de la transhumance, l’application Betaclic, un appui à l’obtention de documents d’état civil et le renforcement des services vétérinaires.

Facebook
LinkedIn
X